Logo de L'Atelier JML en arts visuels et méditatiques avec le nom de l'artiste, Josée Marie-Lise Robillard et ses spécialités artistiques.

Vidéo, stop motion et création numérique animée

En 2011, j’ai visité l’une des expositions du mois de la photo à Montréal. On y présentait un court métrage en stop motion réalisé avec des photos. Ce fut une révélation pour moi. Depuis, le stop motion me passionne à cause des mouvements qui manquent de fluidité et parce que cette technique exige énormément de patience accompagnée d’une très grande minutie. Mon engouement pour le stop motion m’a fait remarquer que j’affectionne particulièrement les films dans lesquels une variété de médiums interagissent entre eux. Pour cette raison, j’instaure une interdépence entre les photos, les infographies ou les extraits filmés de manière à ce qu’une part de l’action se situe dans la réciprocité de ces derniers.

 

Grâce au stop motion, je dois délaisser mon côté photojournaliste au profit de la photo en studio. En effet, pour obtenir les effets désirés, j’ai besoin d’un environnement entièrement contrôlé. Ce genre vidéographique me permet aussi de renouer avec le dessin parce que j’anime image par image des infographies conçues avec Adobe Illustrator ou Photoshop. Cela m’a amené à développer un intérêt pour la création numérique animée. Par conséquent, j’insère régulièrement cette approche technique dans mes réalisations via Adobe Photoshop, After Effects et Premiere.

 

Encore dans le cadre de mes stop motion, j’utilise tout ce qui me tombe sous la main pour les mettre en scène : trombone à papier, crayons, cailloux, jouet d’enfant, etc. Cependant, j’aime particulièrement les animations en sable cinétique et en pâte à modeler, car ce sont deux matériaux faciles à travailler qui rejoignent la sculpture. Avec ceux-ci, je crée une variété de textures intéressantes : lisse, strié, grumeleux,… J’avoue toutefois ma préférence pour le sable cinétique : ce dernier nécessite moins de travaille en chambre blanche pour effacer les supports.

 

Lorsque je conçois une vidéo, je m’impose parfois une esthétique, comme le fauvisme, dans le but de me sortir de ma zone de confort. Certes, on y retrouve l’art incohérent et brut sous différentes formes comme la manière de traiter un sujet, le message véhiculé, la qualité du produit fini, les matériaux utilisés, etc. Aussi, cette forme expressive est sans conteste de l’art actuel puisqu’elle nécessite de nouveaux médiums. De surcroît, ses caractéristiques inter et multidisciplinaires la classifie obligatoirement dans ce courant artistique.

 

Toutefois, l’art naïf occupe une place très particulière dans mes créations vidéographiques. En effet, manipuler le sable cinétique et la pâte à modeler me ramène dans l’enfance non seulement par les souvenirs qu’ils engendrent, mais également par l’aspect que prennent ces matériaux sous ma main. Manifestement, j’utilise le geste artistique des enfants pour inventer les formes que je leur donne. Quant à l’infographie, beaucoup de mes dessins animés reflètent une certaine naïveté et enjolivent le récit raconté. Plus encore, au travers mes œuvres, je dépeins des scènes de vie ou je passe des messages concernant l’existence. La spontanéité de l’art naïf se retrouve également dans le processus de création des suites d’images qui composent les mouvements. En fait, quand je commence un travail vidéographique, je ne possède qu’un plan général du récit et, rarement, un découpage technique (« story board ») que je ne suis pas de toute façon. En fin de compte, comme un enfant, j’improvise librement une grande partie mon film du début à la fin de sa production.

 

Mes créations numériques animées sont influencées par Émile Cohl (Émile Courtet), Segundo de Chomón et Georges Méliès. Parallèlement, Sesame Street est pour moi une source inépuisable d’inspiration. Cette série télévisée constitue une mine d’or de stop motion, d’animations ainsi que de courts métrages dans lesquels plusieurs médiums interagissent ensemble.

 

Je termine en mentionnant que la vidéo est généralement pour moi un travail d’équipe réalisé en famille. En effet, mon conjoint et mes deux aînés participent activement à mes projets : scénarisation, figuration, voix et critique. Pour l’instant, ma cadette ne fait que de la figuration. Mon fils produit à ma demande des conceptions 3D que j’insère dans mes vidéos. Il n’avait que 14 ans lorsqu’il a produit sa première 3D animée pour moi. Quant à mon conjoint, il s’occupe des effets sonores parce qu’il était animateur de radio et que je n’ai aucun intérêt pour l’enregistrement audio.

Auteur : Josée Marie-Lise Robillard

Titre de l’œuvre : A+ pour les tortues imparfaites

Date de création : 2015

Catégorie : Vidéo (stop motion), très court métrage

Durée : 51 secondes

Dimensions : 1280 X 720 px, pixels carrés, 29 images/secondes

Courant artistique : Art incohérent, brut, naïf, actuel et fauvisme.

Série : Qu’est-ce que tu fais? Des mauvais coups!

Thématique : La série : Satire du culte de l’élitisme, l’œuvre : Échec dans le sens de « L’action de mettre un terme à un travail inachevé et imparfait libère du temps pour solidifier ses liens familiaux ou sociaux tout en soulageant la pression de la performance.

Influences : Jules Lévy, Alphonse Allais, Émile Goudeau, Émile Cohl (Émile Courtet), Segundo de Chomón.

Provenance et histoire de l’œuvre : La toute première version de ce très court métrage a été réalisée sous forme de GIF animé dans le cadre d’un court à l’université. J’ai obtenu A+ (98 %) pour ce travail imparfait parce que j’y avais intégré un peu de rotoscopie, alors qu’on n’avait pas encore vue cette technique. Plus tard, la même année, j’ai corrigé le cadrage, j’ai ajouté un générique et je l’ai enregistré en MP4. Il reste encore des défauts : découpage, ajustement de l’exposition, positionnement de la suite de photos de fond. J’aurais pu tout corriger. J’ai fais exprès de laisser tel quel.

Technique, matériaux utilisés et support :

  • Sable cinétique sculpté en bas relief,
  • Petit contenant métallique,
  • Raisins secs,
  • Photos de ma main et du sable cinétique,
  • Rostoscopie dans Adobe Photoshop,
  • Entièrement fait image par image, rotoscopie incluse.

Synopsis : Deux tortues se rencontrent. L’une donne un raisin sec à l’autre qui le mange. Messages sur l’entretien de l’amour.

Œuvre unique : oui

Prix de l’œuvre : N’est pas à vendre. À présenter gratuitement lors d’expositions.

Autres informations : Conception, scénarisation, création et réalisation : Josée Marie-Lise Robillard.