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Qu'est-ce que tu fais? Des mauvais coups

Qu’est-ce que tu fais? Des mauvais coups vise directement la culture de l’élitisme. Je m’en moque et je le critique sans culpabilité, tantôt naïvement, tantôt satiriquement. Les milieux professionnels, le monde des arts et des sports, ainsi que les études post-secondaires promeuvent le travail acharné. On admire le perfectionnisme. On récompense l’excellence. En d’autres termes, seuls les bourreaux du travail ont la cote alors que les autres sont snobés. À cause de cela, on fabrique des « obsessifs-compulsifs workaholics ». Il faut performer à tout prix parce que l’erreur est inadmissible. Cette réussite vaut quel prix? Elle coûte les liens familiaux et sociaux, sans compter la santé hypothéquée, surtout la santé mentale. Cette dernière va de la simple anxiété à la crise de panique en passant par la dépression. Cela peut même conduire à un mal de vivre profond qui se résulte en suicide.

 

À l’opposé, je louange l’imperfection jusqu’à l’encenser. Je glorifie les fautes, car les leçons s’apprennent mieux quand on procède par essai-erreur avec le désir de s’améliorer d’une fois à l’autre. Admettre ses maladresses démontre l’humilité, alors que récupérer une gaffe prouve l’ingéniosité. Par-dessus tout, être capable de dire « Ça pourrait être mieux, mais j’arrête là » est sans conteste une prise de position audacieuse qui prône la santé mentale parce que cela respecte les limites individuelles tout en obligeant les autres à les respecter malgré leurs critiques. De plus, l’action de mettre un terme à un travail inachevé libère du temps pour essayer de nouvelles avenues et pour solidifier ses liens familiaux ou sociaux tout en soulageant la pression de la performance. Bref, c’est dans le brut qu’on se désaliène. Le double sens de cette dernière phrase contient un paradoxe assez ironique qui me soutire un rictus.

 

J’exprime ma position face à l’élitisme sous l’angle de quatre sphères :

 

  1. Les ratées : L’expression « faire des mauvais coups » prend le sens d’échec. Évidemment, je montre des situations d’échec, des gaffes, des maladresses, etc. Là ne se limite pas l’illustration de cette idée première. Manifestement,  j’ai laissé intact l’aspect manqué de certaines œuvres parce que le résultat inattendu m’intéressait. Pour d’autres réalisations, j’ai valorisé l’erreur de manière à ce que le regard se tourne vers elle. Et, pour d’autres encore, j’ai récupéré la faute de sorte qu’elle passe inaperçue.
  2. Les expériences : Cette fois, « faire des mauvais coups » signifie « se préparer à commettre un méfait », « trouver une solution douteuse à un problème et l’utiliser », « faire quelque chose sans savoir dans quoi on s’embarque », et « Pourquoi j’ai voulu faire ça? Je regrette mon choix ». Cette sous-thématique est intimement liée à la suivante.
  3. Les témoignages : Il s’agit ici de photos et de vidéos prises sur le vif qui documentent les expériences ci-dessus. Les images sont capturées au su ou à l’insu de la personne visée. Quand c’est à l’insu, l’action de photographier ou de filmer rejoint l’idée de « commettre un méfait » mentionnée dans le paragraphe précédent. Ce geste illicite révèle les travers du sujet vu et de celui qui voit. Il est à noter qu’un nombre respectable de clichés sont des œuvres collectives puisqu’ils sont captés par un membre de ma famille qui désire immortaliser mes propres expériences saugrenues.
  4. Les moqueries : Cette fois, « faire des mauvais coups » se traduit par « blaguer », « rigoler », « rire de quelqu’un ou de quelque chose », « caricaturer ».

 

Pour terminer, le titre de cette série rend un hommage à mon père, bourreau de travail qui s’est suicidé suite à une dépression. Il passait beaucoup d’heures dans son garage à fabriquer, à modifier et à créer toutes sortes de choses en plus de travailler à temps plein. Quand on allait le voir et qu’on lui demandait « Qu’est-ce que tu fais? », il répondait inévitablement « je fais des mauvais coups ».

Auteur : Josée Marie-Lise Robillard

Titre de l’oeuvre : Je m’emmerde solide

Date de création : 2017

Catégorie : Vidéo (stop motion et création numérique animée)

Durée : 1 minute 26 secondes

Dimensions : 1280 X 720 px, pixels carrés, 29 images/secondes

Courant artistique : Art incohérent, brut, naïf et actuel.

Série : Qu’est-ce que tu fais? Des mauvais coups!

Thématique : La série : Satire du culte de l’élitisme, l’œuvre : Se préparer à commettre un méfait, réduction des méfaits, trouver une solution douteuse à un problème et l’utiliser, rire de quelqu’un ou de quelque chose.

Influences : Jules Lévy, Alphonse Allais, Émile Goudeau, Émile Cohl (Émile Courtet), Segundo de Chomón.

Provenance et histoire de l’œuvre : Je participais à une exposition collective à Sherbrooke au mois d’août. Mais, très peu de visiteurs sont venus à l’événement. Puisque je m’ennuyais et que j’avais apporté quelques matériaux ainsi que mon équipement photographique, j’ai improvisé un stop motion avec ce que j’avais sous la main.

Durant les jours qui ont suivis, j’ai réalisé le montage des photos prises lors de l’exposition. Puis, j’ai bonifié l’œuvre de textes animés et de photos que j’ai fait lors de notre réunion de famille le 1er janvier 2017.

Par cette vidéo, je montre que les gens trouvent n’importe quel moyen de se désennuyer. J’exprime aussi le fait que c’est souvent à cause de l’ennuie que plusieurs font des mauvais coups réellement répréhensibles. Pour prendre l’expression du milieu social et du travail de rue, cette vidéo est un exemple de réduction des méfaits.

Technique, matériaux utilisés et support :

  • Photos de trombones à papier et dessins au feutre sur fond de papier blanc;
  • Photos de 2 figurants dans le salon familial;
  • Cailloux, balai, trombones à papier, crayons feutre, papier blanc;
  • Logiciels Adobe : After Effects, Premiere et Encoder

Synopsis : Trois très courts stop motion sont visionnés après une brève mise en situation. Et puis, une petite série de photos de famille suit des réflexions sur les qualités des stop motion vues et l’ampleur que pourraient prendre des méfaits.

Œuvre unique : oui

Prix de l’œuvre : N’est pas à vendre. À présenter gratuitement lors d’expositions.

Autres informations : Conception, scénarisation, création et réalisation : Josée Marie-Lise Robillard.

 

Auteur : Josée Marie-Lise Robillard

Titre de l’œuvre : A+ pour les tortues imparfaites

Date de création : 2015

Catégorie : Vidéo (stop motion), très court métrage

Durée : 51 secondes

Dimensions : 1280 X 720 px, pixels carrés, 29 images/secondes

Courant artistique : Art incohérent, brut, naïf, actuel et fauvisme.

Série : Qu’est-ce que tu fais? Des mauvais coups!

Thématique : La série : Satire du culte de l’élitisme, l’œuvre : Échec dans le sens de « L’action de mettre un terme à un travail inachevé et imparfait libère du temps pour solidifier ses liens familiaux ou sociaux tout en soulageant la pression de la performance.

Influences : Jules Lévy, Alphonse Allais, Émile Goudeau, Émile Cohl (Émile Courtet), Segundo de Chomón.

Provenance et histoire de l’œuvre : La toute première version de ce très court métrage a été réalisée sous forme de GIF animé dans le cadre d’un court à l’université. J’ai obtenu A+ (98 %) pour ce travail imparfait parce que j’y avais intégré un peu de rotoscopie, alors qu’on n’avait pas encore vue cette technique. Plus tard, la même année, j’ai corrigé le cadrage, j’ai ajouté un générique et je l’ai enregistré en MP4. Il reste encore des défauts : découpage, ajustement de l’exposition, positionnement de la suite de photos de fond. J’aurais pu tout corriger. J’ai fais exprès de laisser tel quel.

Technique, matériaux utilisés et support :

  • Sable cinétique sculpté en bas relief,
  • Petit contenant métallique,
  • Raisins secs,
  • Photos de ma main et du sable cinétique,
  • Rotoscopie dans Adobe Photoshop,
  • Entièrement fait image par image, rotoscopie incluse.

Synopsis : Deux tortues se rencontrent. L’une donne un raisin sec à l’autre qui le mange. Messages sur l’entretien de l’amour.

Œuvre unique : oui

Prix de l’œuvre : N’est pas à vendre. À présenter gratuitement lors d’expositions.

Autres informations : Conception, scénarisation, création et réalisation : Josée Marie-Lise Robillard.